Mercredi 4 novembre 2026 · N° 19 Paris : 15 centimes — Départements et gares : 20 centimes
À l'instant

L'essentiel Sécurité ·

Violences du 17 octobre : devant les députés, Laurent Nuñez reconnaît « un échec » et un défaut d'anticipation

Premier entendu par la commission d'enquête de l'Assemblée, mardi 3 novembre, le ministre de l'Intérieur a parlé d'un échec et d'un défaut d'anticipation « d'abord le mien », tout en jugeant que davantage d'effectifs n'auraient probablement pas suffi.

Par la rédaction de La France

Photo d'archives (2016) : des compagnies républicaines de sécurité lors d'une manifestation, rue de Rivoli, à Paris.
Photo : Guilhem Vellut from Paris, France · CC BY 2.0 · Wikimedia Commons

Laurent Nuñez a ouvert, mardi 3 novembre, le cycle des auditions de la commission d'enquête de l'Assemblée nationale sur les événements liés aux manifestations du 17 octobre. L'audition, annoncée pour 16 h 30, a duré près de trois heures, selon le compte rendu de Quartz. La commission est présidée par le député Vincent Caure (Ensemble pour la République), d'après LCP.

Un échec assumé

D'après LCP, le ministre de l'Intérieur a qualifié la journée d'échec et a estimé qu'un ministre est responsable par principe lorsque des troubles aussi graves surviennent. Il a évoqué « un défaut d'anticipation qui est d'abord le mien ». Il avait présenté sa démission au lendemain des violences ; Emmanuel Macron l'a refusée (LCP, 24matins). Quartz ajoute qu'il se dit « le seul responsable », tout en jugeant que cet échec ne prouve pas à lui seul une faute des services de l'État, certains passages à l'acte étant selon lui « objectivement indétectables ».

Ce que signalait le renseignement

Selon LCP, Laurent Nuñez a expliqué que l'écart tenait moins à la prévision du nombre de manifestants qu'à l'intensité des violences. Il a cité une note de renseignement du 15 octobre qui faisait état d'un « potentiel insurrectionnel », d'une infiltration de l'ultragauche, de pillages commis par des militants radicalisés et de jeunes délinquants, et d'un retour du mouvement des gilets jaunes. À Paris, les forces de l'ordre ont passé l'après-midi place de la République face aux black blocs, pendant que des cortèges sauvages cherchaient à rejoindre des lieux de pouvoir ; des pillages ont eu lieu une fois les forces dispersées. Plus de policiers n'auraient probablement pas suffi à empêcher ces incidents, a-t-il jugé.

Le 19 octobre, le ministre avait chiffré à environ 550 000 le nombre de manifestants, soit deux fois et demie les 200 000 attendus, avec 60 000 policiers et gendarmes mobilisés et 2 400 interpellations (LCP).

Le 24 octobre en comparaison, et les blessés

Pour la mobilisation du 24 octobre, Laurent Nuñez a mis en avant un meilleur positionnement des forces, des contrôles de flux, des fouilles ordonnées par les parquets et des mesures préfectorales comme des interdictions partielles et des parcours hors des centres-villes. Selon LCP, les groupes radicaux sont restés contenus. Sur l'ultradroite, il a dit qu'elle « profite de ce type de mouvement » (Quartz). Sur les blessures de lycéens, il a assumé l'usage d'une grenade assourdissante à Lens le 5 octobre, où un lycéen de 15 ans a perdu une main, estimant que le contexte de l'engagement de la force était réuni, selon Quartz.

La suite des travaux

Le Rassemblement national a annoncé son boycott de la commission, ce qui le prive d'un poste de rapporteur (LCP, 29 octobre). Les députés doivent encore entendre des commerçants et des victimes de pillages à Paris, Lyon, Marseille et Bordeaux, et les travaux pourraient se poursuivre jusqu'à la fin de la session parlementaire, en février, d'après Quartz.

Texte rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle à partir des sources citées ci-dessous, sans reprise de leurs textes. Les faits sont à vérifier auprès de ces sources ; signalez-nous toute erreur.