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Voter ce que l'on sait condamné à disparaître : la comédie budgétaire doit cesser
Les députés adoptent des baisses de TVA que chacun s'attend à voir effacées. Le citoyen mérite mieux qu'un théâtre : un budget qui se finance par la dépense, et qui soit voté pour de bon.
Par la rédaction de La France

Il y a quelque chose d'usé dans la manière dont l'Assemblée examine le budget. Lundi soir, les députés ont voté une TVA à 5,5 % sur l'électricité, une TVA réduite sur des produits de première nécessité et l'abandon de la hausse prévue sur la télévision payante. Les mêmes articles de presse, publiés le même soir, rappellent que chacun s'attend à un rejet de la partie recettes, puis à un 49.3 ou à une ordonnance qui effaceraient ces votes (MoneyVox). On vote donc ce que l'on sait appelé à disparaître.
Une mécanique connue
Le scénario n'a rien d'inédit. En novembre 2025, une baisse de la TVA sur l'abonnement d'électricité avait été adoptée par 150 voix contre 91 ; le lendemain, la première partie du budget était rejetée par 404 voix contre 1, et la mesure tombait avec elle (NosParlementaires). Le texte final est passé par le 49.3 sans le taux réduit. Ni le citoyen qui espérait une facture plus légère, ni le contribuable qui voudrait comprendre qui décide ne sortent grandis de ce cycle.
Le prix que personne ne place en face
Soyons clairs : alléger la fiscalité qui pèse sur l'énergie et sur le quotidien des ménages n'a rien d'illégitime. Mais une baisse d'impôt crédible s'accompagne de son financement. Le ministre David Amiel chiffrait la seule suppression de la hausse sur la télévision payante à 400 millions d'euros. En commission, selon le rapporteur général Philippe Juvin, les amendements retenus aggravaient déjà le déficit d'environ 10 milliards d'euros, loin de la cible de 5 % du PIB visée par l'exécutif (LCP). Sans économies en face, ces votes sont des promesses sans caisse.
Le gouvernement n'est pas quitte
L'exécutif ne peut pourtant pas se satisfaire du rôle de gardien du coffre. Un budget que l'on ne parvient à faire passer qu'en effaçant le travail des députés relève d'un échec politique, pas d'une méthode. Le ministre de l'Économie, Roland Lescure, dit vouloir un budget avant la fin de l'année (Entrevue) : encore faut-il qu'il soit le fruit d'un compromis assumé, avec des économies identifiées et votées, plutôt que d'une succession de tours de passe-passe procéduraux.
Ce que nous demandons
Des baisses de prélèvements gagées par une réduction de la dépense publique, présentées en même temps et votées ensemble. Une Assemblée qui assume ses choix jusqu'au bout, et un gouvernement qui cherche une majorité sur un contenu plutôt que de la contourner. La souveraineté budgétaire commence par la sincérité.
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