Jeudi 29 octobre 2026 · N° 13
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Édito : reconnaître la faute ne suffit pas, gouverner c'est anticiper

Le chef de l'État admet une réponse tardive à la crise lycéenne. L'aveu est honnête ; il ne dispense ni de résultats ni de cohérence.

Par la rédaction de Temps de France

Façade côté jardin du palais de l'Élysée (photo d'archives 2020)
Photo : Arthur Crbz · CC BY-SA 4.0 · Wikimedia Commons

Il faut le reconnaître : Emmanuel Macron n'a pas esquivé. Face à HugoDécrypte, il a admis que l'exécutif n'avait pas été assez rapide « collectivement », et parlé d'un « défaut d'anticipation » avant le 17 octobre. Dans une démocratie où l'on reproche souvent aux dirigeants de ne jamais rien admettre, cette franchise mérite d'être saluée. Mais elle appelle aussitôt une question : que change l'aveu ?

L'autorité commence par la prévision

La première mission de l'État est d'assurer l'ordre. Or, d'après le compte rendu de l'entretien publié par Stéphane Larue, le renseignement aurait attendu 250 000 manifestants quand il y en aurait eu 500 000, avec des pillages dans de grandes villes. Ce chiffre n'est rapporté que par cette source, mais le président lui-même a parlé de « faute ». Quand l'État est surpris, ce sont les commerçants, les policiers et les riverains qui paient. Des couvre-feux locaux décrétés dans l'urgence ne remplacent pas une préparation sérieuse.

Le fond reste esquivé

Sur Parcoursup, l'exécutif annonce son remplacement en 2028 tandis que le président défend la plateforme. Sur les salaires, il renvoie la question au Premier ministre. Sur les carburants, il refuse la baisse générale des taxes et préfère des aides ciblées. Chacun de ces choix se défend ; leur accumulation donne l'image d'un pouvoir qui explique beaucoup et tranche peu. Les Français attendent moins de pédagogie que des décisions lisibles, financées, tenues.

Le procès des adversaires n'est pas une politique

Le chef de l'État dénonce, après l'attentat de Trappes, une « désinhibition du racisme ». Le sujet est grave et la condamnation de toute violence raciste ou antisémite fait consensus. Mais en désignant des familles politiques, selon certains titres de presse, le président choisit la polémique là où il pourrait fédérer, alors même que ses propres services ont été pris de court. On ne rétablit pas la confiance en cherchant un responsable à l'extérieur.

La souveraineté commence chez soi : par un État qui prévoit, décide et rend des comptes. L'aveu de cette semaine est un début. Il ne sera crédible que si les prochains rendez-vous, les manifestations du 31 octobre et la rentrée du 2 novembre, se déroulent sans que la même faute se répète.

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