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Un pays qui recule ne se redresse pas à coups de prélèvements
Le recul du PIB au troisième trimestre rappelle que la croissance se construit par l'investissement et l'initiative, pas par l'empilement d'efforts demandés aux Français.
Par la rédaction du Gaulois

Un pays dont l'activité recule se redresse rarement en prélevant davantage. C'est pourtant la direction que laisse entrevoir le gouvernement. Les faits d'abord. Selon l'Insee, le produit intérieur brut a reculé de 0,1 % au troisième trimestre, quand une légère hausse était attendue. Les exportations baissent de 1,7 %, l'investissement de 0,6 %, et l'acquis de croissance pour 2026 n'est que de 0,2 %, loin de la cible de 0,5 % que vise le gouvernement dans le projet de budget pour 2027.
Face à ce constat, que dit le ministre de l'Action et des Comptes publics ? Que le budget 2027 exigera « davantage d'efforts budgétaires, pas moins », en dépenses comme en recettes. Le projet initial en prévoyait déjà 43 milliards. On aurait aimé entendre la même fermeté sur la seule moitié du problème qui dépend vraiment de l'État : la dépense publique. Car lorsqu'on parle d'efforts « en recettes », les Français comprennent immédiatement ce que cela signifie : de nouveaux prélèvements.
Le signal envoyé aux entreprises
Or ce sont précisément les entreprises qui investissent, exportent et embauchent. Quand l'investissement recule et que la production manufacturière baisse de 1,4 %, selon France Épargne, la réponse ne peut pas être un climat fiscal plus incertain. Un chef d'entreprise qui lit, au lendemain d'un mauvais chiffre de croissance, que l'État compte demander plus à l'économie, ne se précipite pas pour lancer une usine. La liberté d'entreprendre suppose de la visibilité et de la stabilité, deux denrées rares depuis des mois.
Ce qui tient, et ce qui doit changer
Soyons justes : tout n'est pas sombre. La consommation des ménages progresse de 0,4 % et la définition d'une récession technique n'est pas remplie. Mais un pays n'a pas vocation à vivre sur sa consommation courante pendant que son appareil productif perd du terrain, avionneurs compris, puisque les ventes de matériel de transport à l'étranger reculent de 9,1 %. La souveraineté économique, ce n'est pas qu'un slogan : c'est une industrie qui exporte, des entreprises qui investissent et des comptes publics tenus.
Le gouvernement dit n'exclure ni les ordonnances ni le 49.3 pour faire adopter son budget. Ce serait la pire méthode : imposer sans débat un effort que le Parlement n'aura pas voulu, au moment où l'économie a besoin de confiance. La seule voie sérieuse consiste à fixer des priorités claires, à réduire la dépense de fonctionnement de l'État avant de solliciter les contribuables, et à laisser respirer ceux qui produisent.
Redresser le pays commence par cesser de lui demander toujours plus.
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