Édito Budget & fiscalité ·
Taxe Zucman : on ne soigne pas la dépense publique en taxant l'investissement
Le rejet de la taxe Zucman par l'Assemblée est une bonne nouvelle pour ceux qui produisent, investissent et embauchent en France. Il ne règle pourtant pas le vrai problème.
Par la rédaction de Temps de France

Les députés ont donc dit non à la taxe Zucman et au retour de l'ISF. On peut s'en réjouir sans mépriser ceux qui la défendent : l'idée d'un impôt plancher sur les très grandes fortunes séduit parce qu'elle est simple, et parce qu'elle promet de l'argent sans que la grande majorité des Français n'ait à payer.
Une idée simple qui bute sur le réel
Le rapporteur général du budget, Philippe Juvin, a rappelé les objections de fond : des actifs peu liquides, des plus-values qui n'existent que sur le papier, un risque d'inconstitutionnalité. Quand un chef d'entreprise détient l'essentiel de son patrimoine dans sa société, lui demander chaque année au moins 2 % de ce patrimoine revient à l'obliger, à terme, à vendre des parts ou à faire entrer des actionnaires extérieurs, ou à quitter le pays. Taxer la fortune qui travaille, c'est prélever sur ce qui finance les usines, les brevets et les emplois.
Quant aux 15 à 25 milliards d'euros par an promis par les défenseurs du projet, ils relèvent d'une estimation qui reste contestée. Bâtir un budget sur une recette hypothétique, c'est préparer le déficit suivant.
Le vrai sujet reste la dépense
La France compte parmi les pays développés où les prélèvements obligatoires sont les plus élevés, sans que les services publics y soient jugés à la hauteur par ceux qui les utilisent. Chaque débat budgétaire ramène le même réflexe : chercher de nouvelles recettes avant de s'interroger sur l'efficacité de la dépense. Un pays qui veut redresser ses comptes doit commencer par hiérarchiser ses priorités, évaluer ses politiques publiques et alléger ce qui pèse sur le travail et la production.
La gauche est dans son rôle en défendant la taxe Zucman. La majorité parlementaire qui l'a repoussée serait mal inspirée de croire que son travail est terminé : refuser un impôt n'est pas un programme. Le débat budgétaire qui s'ouvre sur les dépenses sera, lui, le vrai test.
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