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Sucre, dispositifs médicaux : le réflexe fiscal ne remplacera jamais l'effort sur la dépense
En supprimant deux taxes dans le budget de la Sécu, les députés ont rappelé une évidence : on ne finance pas durablement un modèle social en cherchant toujours une nouvelle assiette.
Par la rédaction de Temps de France

Les députés ont supprimé jeudi, par 86 voix contre 58, la taxe sur les produits sucrés que le gouvernement voulait inscrire dans le budget de la Sécurité sociale. Ils ont aussi retiré l'article 9, qui ouvrait la voie à une contribution de 3,6 % sur certains dispositifs médicaux remboursés. Certains y verront une victoire de l'irresponsabilité. Nous y voyons surtout un signal salutaire.
Une logique qui s'épuise
Le gouvernement attendait environ 300 millions d'euros de la taxe sur le sucre, selon LCP et Europe 1. La ministre de la Santé a plaidé la prévention : 80 % des enfants dépasseraient les apports recommandés, a-t-elle affirmé. L'objectif sanitaire est légitime, et personne ne le conteste sérieusement. Mais la méthode révèle un réflexe : chaque trou dans les comptes appelle une nouvelle taxe, présentée comme un geste de santé publique, de justice ou d'équité.
Or une taxe sur des produits de consommation courante pèse d'abord sur le panier des ménages. Un député de la Droite républicaine, Nicolas Tryzna, a rappelé que 75 % des enfants obèses viennent de milieux modestes, selon LCP : c'est dire à qui s'adresserait la facture. Et l'argument selon lequel l'impact serait inférieur à huit centimes par paquet, avancé par la ministre, se retourne : si l'effet sur le consommateur est dérisoire, l'effet incitatif l'est tout autant ; si l'effet est réel, c'est bien le portefeuille qui paie.
Financer la Sécu autrement
Christophe Bentz (RN) a dénoncé un financement de la Sécurité sociale reposant sur des ressources fluctuantes. Il a raison sur le fond : un système qui dépend du sucre consommé ou des dispositifs médicaux remboursés est un système fragile. La stabilité vient de la croissance, donc de l'emploi et de la liberté d'entreprendre, et de la maîtrise de la dépense, pas de l'invention permanente de contributions.
Rien de tout cela n'interdit une politique de prévention. L'éducation et l'information nutritionnelle peuvent progresser sans nouvel impôt. Ce que les Français attendent de l'État, c'est qu'il hiérarchise ses dépenses avant de leur demander davantage.
Un vote qui n'est pas définitif
Il faut rester lucide : le vote n'est pas définitif, et la version finale du budget fera seule foi, rappelle LCP. Le texte devra encore passer par le Sénat. Mais le message de l'Assemblée est clair. La prochaine fois qu'une taxe sera proposée pour boucher un déficit, la première question devra être : quelle dépense a-t-on renoncé à réformer ?
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