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Quand l'État hésite, la rue décide

Pillages, mairie incendiée, commissariats attaqués : le 17 octobre a révélé un défaut d'autorité que l'allocution présidentielle ne suffit pas à réparer.

Par la rédaction de Temps de France

Hôtel de ville de Limoges et son campanile, photo d'archives (2019)
Photo : Ibex73 · CC BY-SA 4.0 · Wikimedia Commons

Il y a des images qui disent plus que les discours. Une mairie en flammes à Limoges, des postes de police attaqués, des vitrines brisées dans plusieurs villes : le samedi 17 octobre, une mobilisation née contre la vie chère a dégénéré, et le pays a vu l'autorité de l'État reculer devant ceux qui la défient.

L'ordre n'est pas une option

Le premier devoir de l'État est d'assurer la sécurité des personnes et des biens. Or, selon le ministère de l'Intérieur, près de 2 400 interpellations ont eu lieu et 997 policiers et gendarmes ont été blessés. Ces chiffres disent le courage des forces de l'ordre ; ils disent aussi l'ampleur d'un débordement que le dispositif n'a pas su contenir. À Marseille, le maire lui-même juge les policiers « complètement dépassés » et réclame la chronologie des ordres donnés. Que l'on soit d'accord ou non avec lui sur le reste, cette demande de transparence est légitime.

La fermeté ne tient pas lieu de politique

Emmanuel Macron a promis d'être intraitable et de confier à Sébastien Lecornu une série de réunions avec partis et syndicats. Le ton est le bon. Mais il n'a annoncé, d'après La DH, aucune mesure concrète sur le pouvoir d'achat, alors que les premiers appels à manifester venaient de la hausse des prix des carburants, comme le rappelle Public Sénat. Distinguer les casseurs des citoyens inquiets pour leurs fins de mois est indispensable ; encore faut-il répondre aux seconds autrement que par des réunions.

Othman Nasrou, des Républicains, dénonce un manque de courage politique : quand la main de l'État tremble, dit-il, certains se sentent impunis. Le diagnostic mérite d'être entendu, quelle que soit l'étiquette de celui qui l'énonce. Une réponse pénale rapide, des moyens pour la police et la justice, des préfets libres d'interdire ce qui doit l'être, et des collectivités indemnisées sans délai : voilà ce que les Français attendent.

Rendre des comptes

Il faut enfin que l'exécutif réponde de ses choix. Le président a lui-même promis la transparence sur la stratégie du week-end. Elle devra être totale, car les citoyens ont le droit de savoir qui a décidé quoi, et quand. À six mois de la présidentielle, la sécurité ne peut plus être un sujet que l'on découvre quand les villes brûlent.

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