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Édito : payer moins à Bruxelles, une promesse crédible seulement si elle est chiffrée et négociée
Demander des économies à tous les budgets, sauf à celui de l'Union, serait incohérent. Mais l'exigence de souveraineté budgétaire se prouve par une méthode, pas par une formule.
Par la rédaction de La France

On demande des efforts aux ministères, aux collectivités, aux entreprises, aux ménages. Pourquoi le budget de l'Union européenne serait-il le seul à échapper à la règle ? Quand Jordan Bardella dit vouloir « baisser la contribution » de la France, il pose une question légitime : celle du juste prix de l'appartenance à une Union dont nous sommes l'un des principaux contributeurs.
Le principe est sain
Les chiffres disponibles, ceux de 2024 rapportés par Public Sénat, rappellent l'enjeu : 21,6 milliards d'euros de contribution selon la loi de finances, 6,5 milliards de solde net selon la Commission. Dans un pays dont la dette dépasserait 3 500 milliards d'euros selon Europe 1, aucune ligne de dépense n'est sacrée. Et le principe de la correction n'a rien d'exotique : cinq États bénéficient déjà d'un rabais, dont l'Allemagne, pour 3,7 milliards d'euros.
Mais la méthode manque
Dans l'entretien de vendredi, selon Europe 1, aucun montant n'a été avancé. En 2024, la fourchette annoncée était de deux à trois milliards d'euros. Or les experts le disaient alors : la réduction exige l'accord des vingt-sept, et ce que la France paierait en moins, d'autres devraient l'ajouter. Un pays qui veut peser dans cette négociation doit dire ce qu'il offre en échange, et ce qu'il est prêt à perdre.
Il y a aussi un revers que les agriculteurs connaissent : la France est le premier bénéficiaire de la politique agricole commune, avec 9,5 milliards d'euros de soutiens. Réclamer moins de dépense à Bruxelles ne peut se faire en sacrifiant cette ressource. Quant au grief sur le réarmement, bénéficiant selon lui à des entreprises extra-européennes, il mérite un débat précis sur la préférence européenne dans les commandes de défense, que seul un dossier documenté peut trancher.
Souveraineté et crédibilité
La souveraineté ne se proclame pas, elle s'exerce : en chiffrant, en choisissant des alliés, en acceptant un rapport de force. La droite qui veut maîtriser la dépense publique a tout intérêt à porter cette exigence sans slogan. C'est à ce prix qu'elle sera prise au sérieux, à Paris comme à Bruxelles.
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