Mardi 27 octobre 2026 · N° 11
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Édito : la paix lycéenne a un prix, et personne ne dit qui le paiera

Annuler 836 suppressions de postes, créer 500 emplois, indexer les bourses : les annonces du gouvernement répondent à une mobilisation, pas à un plan de financement.

Par la rédaction de Temps de France

Photo d'archives (2020) : façade du lycée Turgot, à Paris (photo d'illustration).
Photo : Lepocheux · CC BY-SA 4.0 · Wikimedia Commons

Lundi, le gouvernement a ouvert la boîte à promesses. Annulation de 836 suppressions de postes dans le second degré public, 500 enseignants en plus, bourses indexées sur l'inflation, 15 000 places dans le supérieur, 4 milliards d'euros de lignes de crédit à taux bonifié pour les bâtiments, un milliard pour les campus. Tout cela au terme d'un mois de mobilisation lycéenne, selon LCP.

Disons-le clairement : des revendications sont légitimes, le président l'a lui-même reconnu à Marseille. Des classes surchargées, des locaux vétustes, une plateforme d'orientation que beaucoup jugent opaque : ces sujets méritaient d'être traités avant que la rue ne s'en empare. C'est précisément le problème. Un État qui n'agit que sous la pression apprend à tout le monde que la pression paie.

Les premiers effets sont déjà visibles. Les organisations lycéennes maintiennent leurs appels du 31 octobre et du 5 novembre, et l'Union étudiante, qui juge les mesures insuffisantes, réclame au moins 250 000 places de plus, d'après Anadolu. À chaque concession, la surenchère. Ce n'est pas un procès fait à la jeunesse ; c'est la mécanique ordinaire d'une négociation où l'une des parties ne peut pas dire non.

Reste la question que le gouvernement évite : qui paie ? Les comptes rendus consultés ne donnent aucun chiffrage global, seulement des fragments, comme 37 millions d'euros pour les bourses. Un prêt bonifié n'est pas une subvention, mais la bonification a un coût que personne n'a présenté. Pendant ce temps, l'exécutif vise un déficit public de 5 % du PIB en 2027 contre 5,4 % en 2026, et son ministre des Comptes publics estimait le 20 octobre que les débats sur les recettes avaient déjà dégradé le déficit de 10 milliards d'euros, rapporte LCP. Vendredi dernier, l'Assemblée a rejeté la partie recettes du budget de la Sécu par 115 voix contre une.

Défendre l'école n'est pas la même chose que lui ouvrir un chèque en blanc. Une droite de gouvernement doit dire que la qualité de l'enseignement tient à l'autorité du maître, à l'exigence et à la sélection par le mérite, bien plus qu'à la seule addition de postes. Elle doit aussi exiger que chaque mesure nouvelle soit gagée par une économie identifiée.

Promettre sans financer, c'est reporter la facture sur ceux-là mêmes que l'on prétend protéger : les futurs contribuables, c'est-à-dire ces lycéens. Le gouvernement achète aujourd'hui un répit ; il devra bientôt dire à qui il présente la note.

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