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Moody's : un sursis n'est pas un redressement
Le maintien de la note française à Aa3 est une bonne nouvelle. Il serait dangereux d'en faire une médaille.
Par la rédaction de Temps de France

Le gouvernement respire, et on le comprend. Vendredi, Moody's a maintenu la note de la France à Aa3 alors que, selon la presse, la plupart des analystes attendaient un cran de moins. Le Premier ministre y a vu un démenti aux « pronostics déclinistes ». Soit. Mais lire dans cette décision un brevet de bonne gestion serait une erreur de lecture.
Un crédit, pas un quitus
Que dit l'agence ? Que la France conserve sa note à deux conditions : un budget qui réduise réellement le déficit en 2027, et un reflux des coûts de financement et des tensions sociales. La perspective reste négative. Autrement dit, le sursis est accordé sur parole. Et la parole engage un Parlement sans majorité depuis 2024, où chaque ligne de recettes et de dépenses se négocie au rabais.
Les chiffres ne se commentent pas eux-mêmes
Le projet de loi de finances prévoit un déficit de 5,4 % du PIB en 2026 et de 5,0 % en 2027, pour une dette qui passerait de 119,3 % à 121,7 % du PIB. Même au terme de l'effort annoncé, la dette continuerait donc de grimper. Et selon les comptes rendus de presse, nos coûts d'emprunt dépassent déjà ceux de l'Italie. Un pays qui emprunte plus cher que son voisin transalpin n'a pas de raison de se féliciter.
La dépense, pas l'impôt
Le chemin est connu, et il n'est pas celui de la facilité. Chaque point de déficit en moins doit venir d'abord d'une dépense publique maîtrisée : organisation de l'État, efficacité des administrations, évaluation de chaque ligne budgétaire. Relever encore les prélèvements, au risque de décourager ceux qui produisent, investissent et embauchent, reviendrait à guérir le malade en le privant de ses forces. La crédibilité d'un pays se construit aussi par la liberté laissée à ses entreprises.
Ne pas perdre la fenêtre
La souveraineté se joue aussi là : un État qui dépend de ses créanciers a moins de marge face à ses partenaires et face aux crises. Le répit de Moody's est une fenêtre. Elle ne restera pas ouverte si le budget 2027 s'enlise dans les marchandages. Le gouvernement s'est fixé de le faire voter d'ici la fin de l'année : c'est sur cette promesse qu'il sera jugé, bien plus que sur un communiqué d'agence.
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