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Limoges : rebâtir la mairie, c'est bien ; empêcher qu'on la brûle, c'est mieux
Reconstruire coûte cher au contribuable. Mais le premier devoir de l'État reste d'empêcher la casse.
Par la rédaction de Temps de France

Reconstruire une mairie incendiée est un geste d'honneur. Le gouvernement a raison de promettre à Limoges une reconstruction à l'identique, et l'on ne boudera pas un dispositif qui permet aux Français généreux de contribuer. Mais le plus beau des chantiers ne dispense pas de poser la vraie question : pourquoi faut-il rebâtir ?
Le prix de l'ordre perdu
Le 17 octobre, l'hôtel de ville de Limoges a brûlé lors de violences urbaines. Une semaine plus tard, selon les chiffres cités par le ministre de l'Intérieur et rapportés par LCP, la journée du 24 octobre, pourtant qualifiée de « maîtrisée », a fait 267 policiers et gendarmes blessés et 1 435 interpellations. Qu'une journée jugée réussie laisse un tel bilan dit l'état du maintien de l'ordre dans notre pays.
Ce qui est détruit se reconstruit, et la facture sera en grande partie nationale : l'État annonce, selon Localtis, qu'il financera 80 % du coût. Une réduction d'impôt majorée à 75 % pour les dons, votée vendredi, y ajoute un effort fiscal. La dépense publique la plus coûteuse est celle que l'on aurait pu éviter.
L'autorité ne se négocie pas
À la veille de la manifestation, la préfecture de police voit son interdiction du parcours Bastille-Nation suspendue par le tribunal administratif, et le ministre annonce faire appel. Le contrôle du juge est un pilier de l'État de droit ; nul ne le conteste ici. Mais l'épisode montre une chaîne de décision où la sécurité de la voie publique se joue, au dernier moment, devant les tribunaux. La fermeté se prépare en amont : renseignement, interpellations ciblées des casseurs identifiés, réponse pénale rapide, moyens humains. On ne gouverne pas l'ordre public à coups de recours de dernière minute.
Les forces de l'ordre, elles, paient comptant : le ministre dit qu'elles sont prises à partie dans des conditions proches de la tentative de meurtre. Un État qui leur demande de tenir la rue doit les protéger et les soutenir.
Ce que nous demandons
Nous demandons que la reconstruction de Limoges soit aussi l'occasion d'un bilan public : combien coûtent, au total, les violences du 17 octobre aux finances publiques ? Qui sera poursuivi ? Quelles leçons le gouvernement en tire-t-il pour qu'aucune autre mairie ne subisse le même sort ?
Ce texte est écrit avant le déroulement des manifestations de ce samedi, dont le bilan n'est pas connu. Il pourrait être nuancé par les faits. La ligne, elle, ne varie pas : sans ordre, il n'y a ni liberté ni économie sérieuse.
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