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Casseurs : la fermeté ne vaut que si la justice en a les moyens
Condamner vite et justement : c'est la seule réponse crédible aux violences du 17 octobre. Elle suppose une institution outillée, pas une justice au rabais.
Par la rédaction de Temps de France

Après les violences du 17 octobre, la France demande des comptes, et elle a raison. Casser, piller, s'en prendre aux forces de l'ordre n'est pas une forme d'expression politique : c'est un délit, et il doit être puni. Les pouvoirs publics l'ont dit. Reste à regarder ce que vaut cette promesse quand elle arrive au tribunal.
Une chaîne pénale sous tension
Selon l'AFP, citant le parquet de Paris, 557 personnes ont été placées en garde à vue et 300 déférées à ce stade, aucune ne revendiquant de motif politique. Actu-Juridique décrit des audiences menées en série : quatre chambres appelées à juger plus de quarante dossiers en une journée, des peines très différentes d'un prévenu à l'autre, un procès renvoyé au 22 décembre avec des prévenus maintenus détenus, et même des dossiers sans lien avec les manifestations mêlés au flux. Ce tableau ne dit rien d'une justice laxiste ; il dit une justice qui court.
La vitesse n'est pas la sévérité
La droite défend l'autorité de l'État, et l'autorité commence par la certitude de la sanction. Une peine rapide, motivée, proportionnée dissuade. Une audience bâclée, une procédure fragile que la défense peut faire tomber en appel, une décision qui varie du tout au tout selon la chambre, voilà ce qui nourrit le sentiment d'impunité ou, à l'inverse, d'arbitraire. Ceux qui ont réellement cassé doivent être condamnés sans échappatoire de forme ; ceux qui n'ont rien à se reprocher doivent être relaxés. Les deux exigences se tiennent.
Donner à l'État ses instruments
On ne peut pas réclamer fermeté à chaque tribune et laisser les greffes, les magistrats et les salles d'audience absorber seuls les pics de contentieux. La maîtrise de la dépense publique, que nous défendons, n'est pas la dépense mal placée : une chaîne pénale capable d'absorber plusieurs centaines de dossiers sans sacrifier la qualité du jugement est un investissement régalien, au même titre que la police. Il faut le dire clairement au moment où le budget est discuté.
Le gouvernement reçoit syndicats et partis cette semaine pour parler de sécurité. Qu'il parle aussi des moyens de ceux qui jugent. La fermeté affichée sans les moyens de l'exercer n'est qu'une posture, et les Français en ont assez des postures.
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