Lundi 26 octobre 2026 · N° 10
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Édito : 520 000 euros d'économies d'un côté, 1,8 milliard de dépenses de l'autre

Le Palais-Bourbon a offert cette semaine deux votes que tout oppose : une économie symbolique sur les ex-Premiers ministres, et un congé de fin de carrière dont la facture se compte en milliards.

Par la rédaction de Temps de France

Le ministère de l'Économie et des Finances à Bercy, à Paris (photo d'archives, 2012)
Photo : Dinkum · CC0 · Wikimedia Commons

Jeudi, la commission des Finances de l'Assemblée a voté, sur proposition de Marie-Christine Dalloz, la réduction de dix à cinq ans des avantages des anciens Premiers ministres. Gain attendu : 520 000 euros, selon la députée. Le même jour, dans l'hémicycle, 45 députés contre 36 ont adopté un congé de fin de carrière à 62 ans pour ceux qui ont cotisé 42 ans. Coût avancé par les auteurs de l'amendement : 1,8 milliard d'euros.

Le symbole n'est pas ridicule

Que l'État montre l'exemple n'a rien d'anodin. Un pays qui demande des efforts à ses contribuables doit commencer par regarder son propre train de vie. Cette économie-là mérite d'être votée, et même prolongée, comme le suggère Éric Coquerel en demandant d'y inclure les anciens présidents. Mais restons lucides : ces avantages ont coûté 1,72 million d'euros en 2025, selon LCP. C'est un geste de décence, pas une politique budgétaire.

La vraie question est ailleurs

La politique budgétaire, elle, se joue sur la ligne à 1,8 milliard d'euros, soit plus de trois mille fois le gain tiré des ex-Premiers ministres. Le ministre du Travail et le rapporteur général du budget de la Sécurité sociale ont mis en garde contre le poids pour les entreprises et le risque de pousser les seniors vers la sortie. L'objection mérite d'être entendue : un dispositif qui renchérit le travail des plus de 60 ans fait rarement progresser l'emploi des seniors. Et l'on ne voit pas qui, au bout du compte, paie.

Rappelons un fait : seules 81 voix se sont exprimées sur ce vote. Une dépense de cette ampleur aurait mérité une assemblée au complet, un chiffrage indépendant et un financement identifié. On sait seulement que les auteurs avancent 1,8 milliard et que les mécanismes décrits par la presse divergent sur la prise en charge.

Ce que le Parlement doit faire

Nous défendons la liberté d'entreprendre et la maîtrise de la dépense publique. Cela suppose de ne pas confondre le geste et la méthode : économiser 520 000 euros est utile, mais aucune majorité sérieuse ne peut se satisfaire de laisser passer 1,8 milliard sans en débattre le financement. La navette parlementaire est l'occasion de corriger le tir.

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