Mardi 20 octobre 2026 Actualisé à 12:37
À l'instant

Édito Opinions & analyses ·

Budget 2027 : un Parlement qui défait tout et ne construit rien

Les députés ont rejeté une à une les économies proposées, sans jamais en voter d'autres. Le vote sur les recettes est reporté, le déficit se creuse, et la facture sera pour les Français.

Par la rédaction de Temps de France

Le ministère de l'Économie et des Finances, à Bercy (photo d'illustration).
Photo : Dinkum · CC0 · Wikimedia Commons

Le spectacle qu'offre l'Assemblée nationale depuis le 13 octobre a quelque chose de désespérant. Le vote solennel sur la partie recettes du budget 2027, prévu ce mardi, n'aura pas lieu : il restait lundi soir quelque 2 600 amendements à examiner, selon LCP. Les députés passent donc au budget de la Sécurité sociale, et reviendront à celui de l'État le 27 octobre, sans que personne ne sache encore s'il sera voté.

Ce n'est pas le retard qui est le plus grave. C'est ce que les députés ont fait du texte. Ils ont rejeté l'abaissement du plafond de l'abattement sur les pensions, puis l'essentiel des économies demandées aux collectivités locales. Le ministre des Comptes publics, David Amiel, chiffre à 10 milliards d'euros la dégradation du déficit produite par la seule première semaine de débats. Dix milliards en une semaine, alors que l'objectif du gouvernement est déjà modeste : passer de 5,4 % à 5 % de déficit, avec une dette qui frôle 122 % du PIB d'après les chiffres rassemblés par NosParlementaires.

On peut discuter chacune de ces mesures. Faire payer les retraités modestes n'est pas une évidence, et les collectivités ont des arguments. Mais une majorité qui refuse une économie a le devoir d'en proposer une autre. Or rien de tel n'a été voté. Chaque groupe défend sa clientèle, personne ne défend le contribuable qui, demain, paiera les intérêts de la dette. Une dépense publique que l'on ne maîtrise pas est un impôt différé sur ceux qui travaillent et sur ceux qui entreprennent.

Le gouvernement n'est pas exempt de reproches. Il a construit un budget qui repose d'abord sur des hausses de prélèvements, surtaxe des grandes entreprises, taxes sur les autoroutes et les aéroports, et beaucoup moins, à nos yeux, sur une réduction du train de vie de l'État lui-même. Quand on demande d'abord de l'argent, il ne faut pas s'étonner que chacun tente d'échapper à sa part.

Reste la suite, que tout le monde connaît : rejet probable, passage au Sénat, puis 49.3 ou ordonnances. L'an dernier, la première partie du budget avait été rejetée par 404 voix contre une, avant une adoption par 49.3 en février. Un pays qui ne parvient plus à voter son budget dans les délais prévus par sa Constitution n'est pas un pays souverain : il remet son sort entre les mains de ses créanciers. À six mois de la présidentielle, les candidats qui promettent le redressement des comptes seraient inspirés de dire précisément quelles dépenses ils supprimeront. C'est à ce prix, et à ce prix seulement, que l'autorité de l'État retrouvera un sens.

Cet éditorial exprime la ligne éditoriale de Temps de France. Il est distinct de l'article d'information consacré au même sujet.

Texte rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle à partir des sources citées ci-dessous, sans reprise de leurs textes. Les faits sont à vérifier auprès de ces sources ; signalez-nous toute erreur. Un édito exprime une opinion, celle de la ligne éditoriale du site, distincte des faits rapportés.