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Budget : chaque amendement a un prix, et c'est le contribuable qui le paiera

Quelques heures avant un vote incertain, l'Assemblée donne l'image d'un budget bâti amendement après amendement, sans que personne ne dise qui financera quoi.

Par la rédaction de La France

Hémicycle de l'Assemblée nationale, photo d'illustration
Photo : Sunala · CC BY-SA 3.0 · Wikimedia Commons

Il serait injuste de dire que tout est absurde dans ce que les députés ont voté depuis trois semaines. Protéger les retraités modestes d'une hausse d'impôt, soutenir les familles monoparentales, alléger la fiscalité du travail supplémentaire : ces intentions sont défendables, et certaines vont dans le bon sens pour qui croit que le travail doit payer. Le problème n'est pas la générosité de chaque mesure. C'est leur accumulation sans contrepartie.

Une addition que personne ne signe

Rappelons les faits. Selon Selectra, le ministre des Comptes publics, David Amiel, a évalué dès le 19 octobre à 10 milliards d'euros la dégradation du déficit provoquée par les débats. L'objectif du gouvernement est un déficit de 5 % du PIB en 2027. D'après NosParlementaires, 322 amendements ont été adoptés au soir du 30 octobre, dix articles du gouvernement ayant été supprimés ou rejetés. Chaque vote, pris isolément, a sa logique. L'ensemble, lui, n'a pas de cap : ce n'est pas un budget, c'est une liste de courses sans portefeuille.

Or l'État emprunte. Selectra rapporte que les taux d'intérêt sur la dette atteignaient 4,93 % à la mi-octobre. Chaque milliard de déficit supplémentaire se paiera donc plus cher demain, et c'est aux générations qui travaillent, et aux entreprises qui investissent, qu'on enverra la facture.

Ce que la droite doit exiger

Disons-le sans détour : on ne redresse pas des comptes en votant des dépenses et des baisses d'impôt sans les gager sur des économies. Si l'on supprime la surtaxe sur les grandes entreprises, ce que NosParlementaires signale parmi les mesures adoptées, c'est un choix cohérent avec l'impératif de compétitivité ; encore faut-il dire quelles dépenses publiques baisseront en face, plutôt que de multiplier les taxes nouvelles, que la même source mentionne aussi.

Ce vote du 3 novembre sera un test. Qu'il soit adopté ou rejeté, le risque est le même : que l'on bascule vers le 49.3 ou les ordonnances, que le gouvernement n'écarte pas, selon Selectra, faute d'une majorité capable de construire un compromis. Ce serait l'aveu d'un échec collectif. La responsabilité de chaque groupe est de proposer ses économies avec ses dépenses.

Il ne s'agit pas de refuser tout geste social, mais de hiérarchiser. Un État qui maîtrise sa dépense garde la liberté de protéger ceux qui en ont besoin. Un État qui s'endette sans limite finit par ne plus protéger personne. Cet éditorial est écrit avant le résultat du vote.

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