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458 voix contre : un budget ne se bâtit pas par addition d'impôts
Le rejet unanime de la partie recettes du budget 2027 n'est pas qu'un accident de procédure : il dit ce que devient un budget quand chacun y ajoute sa dépense ou son impôt.
Par la rédaction de La France

Quatre cent cinquante-huit voix contre, aucune pour. Mais cette unanimité n'a rien d'un consensus : elle est celle de groupes qui ne veulent pas du même budget et qui, ensemble, ont fini par n'en laisser aucun. Au bout de ces débats, le texte examiné n'était plus celui du gouvernement, sans être devenu celui de personne.
La méthode est en cause
Que s'est-il passé ? Chaque camp a fait adopter sa mesure : une taxe sur les multinationales à gauche, un prêt à taux zéro pour les jeunes couples du côté du RN, une taxe renforcée sur les holdings au MoDem, rapporte l'AFP. À chaque amendement son sens, à l'ensemble aucune cohérence. Le ministre des Comptes publics affirme que la copie ainsi amendée aurait creusé le déficit à 5,9 % du PIB au lieu de 5 %. La gauche conteste ce chiffre ; les sources que nous avons lues n'en donnent pas d'autre.
Nous ne cachons pas notre ligne : la France ne retrouvera ni sa liberté ni sa crédibilité tant que la dépense publique ne sera pas maîtrisée. Un déficit attendu à 5,4 % du PIB cette année est un aveu : on ne finance pas durablement l'État en empilant des prélèvements sur ceux qui produisent, investissent et embauchent. Un budget digne de ce nom commence par des choix de dépense, assumés devant les Français, et non par la recherche de la recette qui permettra de les éviter.
Le gouvernement n'est pas quitte
Pour autant, l'exécutif ne peut se draper dans le rôle de la victime. Un budget qui ne trouve pas une voix, y compris dans le camp qui le soutient, pose la question de la méthode du gouvernement : le compromis a été renvoyé à « décembre », selon Matignon, comme si le Parlement n'était qu'une étape à franchir avant un 49.3 ou des ordonnances. Or l'échéance de ces dernières, située au 17 décembre par LCP, n'est pas une stratégie : gouverner par le calendrier n'a jamais remplacé la clarté sur les économies à faire.
Ce qu'il faut maintenant
Le Sénat examinera à partir du 20 novembre la version initiale. C'est l'occasion de remettre la dépense au centre : désigner les économies, les hiérarchiser, les défendre. L'autorité de l'État se juge aussi à sa capacité à tenir ses comptes, et la souveraineté commence par ne pas dépendre de ses créanciers. Il faudra du courage, et non un nouvel empilement.
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