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Samedi, l'État n'a pas le droit à l'erreur : la fermeté se prouve sur le terrain
« Nous ne céderons rien », a promis le chef de l'État depuis Doha. Samedi, les actes diront si l'État a tiré les leçons du 17 octobre.
Par la rédaction de Temps de France

Le chef de l'État l'a dit depuis Doha : « Nous ne céderons rien ». Le Premier ministre a, lui, reconnu que le dispositif du 17 octobre était « trop statique et pas assez mobile ». Entre la promesse et l'aveu, tout est dit : la fermeté proclamée ne vaut que si l'État sait la mettre en œuvre.
L'autorité n'est pas un slogan
Les violences et pillages du 17 octobre ont frappé commerçants et habitants, c'est-à-dire ceux qui travaillent et paient leurs impôts. Selon une dépêche reprise par Orange, 557 personnes ont été placées en garde à vue à Paris et la procureure Laure Beccuau indique qu'aucune n'a revendiqué de motivation politique. Ceux qui cassent ne défendent aucune cause : ils profitent du désordre. Les protéger de ces casseurs est la première dette de l'État envers les Français.
Le gouvernement annonce pour samedi un dispositif plus lourd : plus de 60 000 policiers et gendarmes, selon Sud Radio, des unités d'élite, des militaires de Sentinelle pour libérer les forces de l'ordre, et des interdictions possibles. C'est la bonne direction. Mais un État qui promet « le retour à l'ordre » après avoir reconnu son manque de mobilité doit désormais être jugé sur le résultat, non sur l'annonce. Le renseignement, que le président réunit jeudi pour examiner les défaillances, devra enfin anticiper.
Ne pas confondre ordre et silence
Défendre l'ordre n'interdit pas d'entendre la colère sur le coût de la vie. Elle est réelle, et les syndicats sont sortis de Matignon sans réponse. Mais la réponse ne peut pas être une nouvelle dépense improvisée, payée par la dette ou par de nouveaux impôts. La vraie réponse tient en peu de mots : alléger ce qui pèse sur le travail et sur ceux qui entreprennent, maîtriser la dépense publique, relancer la production. C'est ce que le débat budgétaire doit trancher, et non la rue.
Reste une exigence de clarté. L'État ne peut pas à la fois demander aux partis de condamner la violence et laisser planer le doute sur sa propre capacité à la contenir. Samedi, il aura l'occasion de montrer que la parole publique n'est pas vaine. S'il y parvient, la confiance reviendra ; s'il échoue, la leçon sera lourde pour lui, et plus encore pour les Français qui en paieront le prix.
Cet article est rédigé avant la journée de samedi, dont le bilan n'est pas connu.
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