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Après le 17 octobre, l'État doit rétablir l'ordre avant de parler de tout le reste

Un hôtel de ville incendié, des commerces pillés, 150 policiers et gendarmes blessés : la colère sociale ne peut servir d'alibi à la violence.

Par la rédaction de Temps de France

Véhicule à lance à eau des CRS à Paris (photo d'illustration, archives)
Photo : Kevin.B · CC BY-SA 4.0 · Wikimedia Commons

Il y a des images qu'une démocratie ne devrait pas avoir à regarder. Samedi, à Limoges, un hôtel de ville a brûlé au point d'être, selon le préfet de la Haute-Vienne, « en grande partie perdu ». À Lille, une boutique a été pillée ; à Bordeaux, une résidence préfectorale saccagée au point de mobiliser le RAID, rapporte RFI. Le Premier ministre fait état de 1 200 interpellations et de 150 policiers et gendarmes blessés, selon l'AFP.

La colère n'excuse pas le saccage

Personne ne conteste qu'une partie des Français éprouve les difficultés du quotidien, ni que manifester soit un droit. Mais la mairie est la maison commune : on y célèbre les mariages, on y inscrit les naissances, on y accueille les citoyens sans distinction. La brûler ne défend le pouvoir d'achat de personne. Piller une supérette ruine d'abord un commerçant, souvent modeste. Ceux qui cassent ne parlent pas pour ceux qui défilent ; ils confisquent leur cause.

Le Premier ministre appelle à « choisir son camp ». La formule peut sembler abrupte, mais la question de fond est légitime : chaque responsable public doit dire sans ambiguïté s'il condamne ces violences, sans le « mais » qui les relativise. Que le ministre de l'Intérieur désigne l'ultragauche, que Jean-Luc Mélenchon, d'après RFI, préfère critiquer le maintien de l'ordre : le contraste des réactions éclaire à lui seul le débat.

Faire respecter l'autorité de l'État

Un ordre républicain crédible suppose trois choses. D'abord des poursuites rapides et visibles : le chef de l'État a promis que les auteurs seraient poursuivis, il faut que les jugements suivent. Ensuite un soutien clair à des forces de l'ordre épuisées, dont 150 membres ont été blessés en une seule journée. Enfin une réflexion honnête sur la prévention : des cortèges non déclarés, des groupes masqués structurés, cela ne s'improvise pas, et l'on peut s'interroger sur les moyens de les neutraliser avant qu'ils ne frappent.

Les maires de Paris, Marseille et Lyon demandent à être reçus et veulent comprendre l'enchaînement des faits, selon 20 Minutes. C'est légitime. Mais l'analyse ne doit pas retarder l'action : le débat sur les causes sociales viendra, il a toute sa place, à condition que l'État ait d'abord montré qu'il tient la rue.

Car sans autorité, il n'y a ni liberté de manifester, ni liberté d'entreprendre, ni sécurité pour les plus fragiles. Le rendez-vous du 5 novembre, annoncé par la CGT, sera un test : celui d'un pays capable de défendre ses revendications sans brûler ses institutions.

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